On vient juste d’apprendre qu’à peu près 5,4 millions de Français auraient visité au moins une fois par mois un site de jeux en ligne illégaux (casino en ligne, paris sportifs, poker), au cours de l’année écoulée.
Difficile à endiguer, ce phénomène est même en forte progression.
C’est en tout cas ce qui ressort d’une récente étude commandée par l’Association Française du Jeu En Ligne (AFJEL) auprès du cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC).
Une augmentation de 35% en 2 ans
Les casinos terrestres continuent encore à attirer les joueurs en France. Cependant, depuis la pandémie internationale de coronavirus Covid-19, beaucoup se sont également tournés vers les sites de jeux en ligne illicites.
Une étude datant de 2023 publiée par l’Autorité Nationale des Jeux (ANJ) évoquait le chiffre de 3 à 4 millions de joueurs mensuels.
Le récent sondage commandé par l’AFJEL révèle que 5,4 millions de Français ont visité au moins une fois par mois l’une de ces plateformes illégales lors de l’année écoulée.
Cela représente une augmentation de 35% en 2 ans qui prouve la difficulté de bloquer cette offre clandestine. En tout, on parle d’un manque à gagner pour l’Etat de près de 1 milliard d’euros.
82% des joueurs ne savent pas que ces plateformes sont illégales
A l’heure actuelle, il n’y a en France que certains types de jeux en ligne qui sont autorisés comme le poker, les paris sportifs et hippiques ou encore les cartes à gratter entre autres.
Avec Chypre, elle fait partie des 2 seuls pays de l’Union Européenne où les casinos virtuels ne sont pas encore légalisés.
Il y a un an, un projet de libéralisation a bien été lancé par le gouvernement. Cependant, il a été annulé sous la pression des opérateurs de casinos en dur.
On estime qu’il existe plus de 500 plateformes de jeux en ligne illégales basées à l’étranger mais accessibles 24h sur 24 et 7j sur 7 en France. Parmi elles, 54% (soit environ 280) sont dédiées à la roulette, au blackjack, aux machines à sous et autres jeux de casino.
Le problème est qu’environ 82% des joueurs ne savent pas que ces plateformes sont contraires à la loi, selon l’étude commandée par l’AFJEL.
En plus, il y a de nombreuses publicités incitatives qui pullulent sur les réseaux sociaux.
Les utilisateurs des sites de jeu en ligne illicites ne s’exposent à aucune sanction pénale.
Cependant, il existe des risques de cybersécurité et de fraude financière, sans aucun recours possible.
L’Association de Recherche et de Prévention des Excès du Jeu (ARJEJ) s’inquiète aussi du danger d’addiction. En effet, ces plateformes sont basées dans des paradis fiscaux qui imposent très peu de réglementation sur cette question.
D’ailleurs, beaucoup d’interdits de jeux se tournent désormais vers ces casinos en ligne pour dilapider leur argent.
Déjà 1 000 sites illicites bloqués depuis début 2025
Les pouvoirs publics tentent quand même d’endiguer le phénomène. Ainsi, 10 fois plus de plateformes clandestines sont bloquées par an depuis 2022.
En effet, de nouveaux leviers d’action ont été mis en place à l’instar par exemple du déréférencement et du blocage auprès des fournisseurs d’accès à Internet.
L’ANJ a ainsi bloqué :
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1 337 sites en 2024,
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1 000 depuis le début de l’année en cours.
On verra bien ce que le gouvernement decide en matière de légalisation des jeux en ligne en France. Affaire à suivre.
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